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Je vais à l’Éclusier autant que je peux, ateliers, soupers, témoignages, etc. Ça me fait beaucoup de bien.

 

Mon fils est né en juillet 1986, en parfaite santé. C’était un petit garçon dynamique, actif, qui voulait tout voir, tout connaître et qui marchait à 10 mois ½.

Travaillant, il voulait toujours nous aider. Au primaire, tout allait bien. Il avait de bonnes notes et excellait dans les sports : hockey, baseball. C’était même un petit « leader ». Quand ces amis lui demandaient « Bon, qu’est-ce qu’on fait maintenant? », il trouvait autre chose à faire et les autres suivaient. C’était le petit pour lequel je me disais ne pas être inquiète pour lui, qu’il allait bien se débrouiller dans la vie! Je n’aurais jamais cru qu’il développerait une maladie mentale.

 Arrive l’adolescence, la polyvalente, les drogues et tout change. Les notes baissent. Il ne fait plus de sport. Le directeur m’appelle à quelques reprises pour que j’aille le chercher. Il est trop «gelé ». Puis commencent les propos incohérents. Il dit qu’à la maternelle, il aurait fait l’amour à neuf (9) filles dans la même journée et qu’aujourd’hui, elles sont toutes malades, qu’il doit les soigner, les sauver. J’ai beau lui dire que c’est impossible pour un petit garçon de 5 ans, que sa maîtresse s’en serait aperçu et qu’elle nous aurait avisés, elle ou le directeur, il ne me croit pas. Sur un ton élevé, cette question revient souvent «Qu’est-ce qui s’est passé à la maternelle? » et je lui réponds qu’il ne s’est rien passé.

 Un bon matin, à 5 h 30, je reçois de lui, un téléphone. Il me demande encore « Qu’est-ce qui s’est passé à la maternelle, dis-moi-le vite, vite. Il faut que tu me le dises vite, le jour se lève. » Je lui dis qu’il ne s’est rien passé et lui demande « Qu’est-ce qui presse tant ce matin ? » Il me répond « Ben c’est la fin du monde aujourd’hui, faut que tu me le dises avant! » J’ai dès lors décidé de me rendre chez son père, là où mon fils était ce matin là. Son père et moi avons écouté plusieurs propos incohérents, puis on a appelé le 911 qui nous ont envoyé une ambulance et la police. Mon fils a été hospitalisé une première fois en psychiatrie. Après cela, il y a eu plusieurs hospitalisations. Hospitalisé, il allait mieux mais dès qu’il sortait, il consommait de nouveau de la drogue, arrêtait ses médicaments, retournait à l’hôpital jusqu’à ce qu’on reçoive le diagnostique : SCHIZOPHRÉNIE. J’ai eu beaucoup de peine d’autant plus que j’avais déjà un fils de 18 mois son aîné, diagnostiqué TPL (borderline).

 J'ai connu un profond découragement. Je souhaitais mourir avec mes deux (2) fils. J’avais beaucoup de difficultés à accepter. Puis j’ai connu l’Éclusier du Haut-Richelieu. Ça m’a beaucoup aidé. J’y ai rencontré des gens qui ont témoigné que leurs proches, aussi diagnostiqués schizophrène, allaient beaucoup mieux. Deux de mes connaissances sont aussi venues me dire avoir la même maladie que mon fils à ma grande surprise « Toi ? Ben voyons tu vas bien?» et elle de me répondre « Oui, en prenant mes médicaments et en ne touchant pas à la drogue. » Ça m’a encouragée.

Je vais à l’Éclusier autant que je peux, ateliers, soupers, témoignages, etc. Ça me fait beaucoup de bien. Aujourd’hui mon fils a 24 ans. Il va bien, prend ses médicaments. Il a une petite amie. Je crois que ça l’encourage à demeurer abstinent des drogues et de l’alcool. Je suis très fière de lui. Il revient de loin. Je trouve dommage que les médicaments et/ou la maladie le ralentissent, lui qui était si vif et il a d’ailleurs perdu quelques emplois pour cette raison. Je lui souhaite de trouver l’emploi idéal qui ne nécessite pas d’être « vite, vite, vite ». Quand il travaille, il a une meilleure estime de soi, il ne s’ennuie pas. Quant au plus vieux, je n’ai pas trop subit les conséquences mis à part ses crises explosives, ses colères pour un rien. Il a souvent des altercations avec la police mais il travaille, deux (2) emplois à la fois, il s’est fait une blonde qui elle a un petit garçon de 2 ans ½ et il s’en occupe très bien. C’est beau de le voir avec le petit.

Merci à l’Éclusier de leur aide précieuse. Avec eux, on se sent moins seuls, plus solidaires avec ceux qui vivent la même chose. C’est toujours difficile à accepter mais croyante, chaque jour, je confie mes fils à Dieu en lui demandant de bien s’en occuper et d’en prendre soin.

 

 Octobre 2010                                        Une mère qui se sent moins découragée…