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« Les phares guident les marins dans la nuit et lors des tempêtes.

   Le Virage et l’Éclusier font de même pour beaucoup de gens… »

À notre arrivée au Virage, mon conjoint et moi étions inquiets et nous nous sentions démunis et très seuls. Nous avions perdu pied et nous étions complètement déboussolés.  Pour vous mettre en contexte, reculons un peu dans le passé, c’est-à-dire avant tous les évènements qui ont troublé notre quiétude.

À cette époque, nous nous considérons comme une famille traditionnelle de la classe moyenne composée de mon conjoint et de moi, qui sommes mariés, de nos 2 beaux enfants, l’aînée étant notre fille et le cadet notre garçon, et de notre chien.  Nous vivons dans une maison confortable, selon nos moyens.  

Nos enfants sont en santé, intelligents, enjoués, vifs d’esprit et parmi les meilleurs de classe.  Tout va donc pour le mieux.  Par contre, vers le début du secondaire, nous observons que notre fille semble parfois mal dans sa peau.  Vers l’âge de 13-14 ans ça s’intensifie peu à peu.  La plupart du temps elle ne veut plus nous accompagner pour des sorties de famille, elle s’isole souvent dans sa chambre et ses réactions sont parfois en dents de scie.  On met ça sur le dos de l’adolescence mais en même temps on sent que nos interactions avec elle, sont peut-être inadéquates puisque peu importe la façon dont on se comporte, rien ne s’améliore.  En fait, tous les membres de la famille en souffrent, notre fille incluse.  À 16 ans, elle nous annonce qu’elle est attirée par les filles;  elle est inquiète de notre réaction mais de notre côté on accueille la nouvelle en  lui disant que ce qu’on souhaite pour elle c’est qu’elle soit heureuse et qu’on va l’accompagner dans ce qu’elle vit.  Et là, on se dit que c’est probablement tout ça qui la « chicotait » depuis toutes ces années!  Mais bien qu’elle semble soulagée de nous avoir parlé de son orientation sexuelle, l’atmosphère reste tendue.  Vient ensuite une série d’évènements qui se bousculent et qui nous bousculent de plus en plus (relation avec notre fille de plus en plus difficile, certaines fréquentations « discutables », doutes au sujet de la consommation de drogues, etc.).  Et en même temps, il y a aussi notre fils qui, depuis quelques mois, a de la difficulté à l’école et avec nous à la maison et on a la confirmation qu’il consomme du « pot » à l’occasion en plus de fréquenter depuis peu un élève qui a de gros problèmes de consommation et de comportement.  En tant que parents, on sent que tout nous glisse entre les doigts.

 

Nos recherches pour avoir de l’aide nous conduisent au Virage en tant que membres de l’entourage de personnes ayant un problème de dépendance (dans ce cas-ci à la drogue).  On assiste alors à des rencontres de groupe qui font qu’on se sent moins seuls et où le vécu des autres est très enrichissant.  Il y a aussi des rencontres individuelles où on peut aller plus en profondeur. Par le biais de toutes les informations qui nous sont transmises, nous arrivons à y voir plus clair et à découvrir toutes sortes d’outils.  On en vient à mieux comprendre le phénomène de la dépendance tout en prenant conscience des impacts sur nos enfants, sur nous-mêmes et sur notre famille, et à mettre en place des moyens pour nous protéger émotionnellement.  De plus, on apprend à mettre en action des stratégies qui amènent nos enfants à faire des changements dans leur vie et ce, tout en développant de nouvelles façons de communiquer avec eux et de résoudre les conflits.  On découvre aussi que quand nous-mêmes on change, ça amène les autres à changer.  Mais tranquillement, il y a un élément nouveau qui se présente à nous au fil des rencontres avec les personnes ressources du Virage : nous en venons à considérer la possibilité que notre fille ait « les couleurs » d’un trouble de santé mentale, c’est-à-dire « les couleurs » du trouble de personnalité limite.  Sans vouloir jouer au psychiatre en établissant un diagnostic, le fait de considérer cette nouvelle information comme une explication plausible de ce qu’elle vit nous permet de la comprendre encore mieux et de nous comporter en conséquence.  Et vers la fin de notre parcours au Virage, des gens de l’Éclusier viennent rencontrer notre groupe pour nous expliquer qu’ils sont là pour venir en aide à l’entourage d’une personne souffrant d’un problème de santé mentale.  Nous les contactons donc par la suite et depuis ce temps, nous avons participé à des rencontres individuelles, de groupe et à des formations, tout ça bien sûr selon nos besoins et notre rythme.

Autant au Virage qu’à l’Éclusier, nous évoluons dans un climat de respect, de confidentialité, d’empathie, d’écoute et de non-jugement.  Ça nous a permis de nous calmer, de comprendre et de nous déculpabiliser.  Avec tous les outils qu’on a découverts on communique mieux, on a pu reprendre du pouvoir sur notre vie et ce qu’on considère comme étant probablement le plus important, tout ça a permis à notre fille et à notre fils de reprendre du pouvoir sur leur vie à eux aussi!  Nous avons donc plus confiance en nous et en l’avenir pour notre fille.

En terminant, il n’y a pas de recette magique ni de recette miracle.  Il n’y a pas non plus de certitude quant à l’issue de toute cette aventure.  Mais aujourd’hui on peut dire que ça va beaucoup mieux car nos relations sont plus harmonieuses, la consommation semble être chose du passé et l’humeur est plus stable.  On se rend même souvent compte qu’on applique les connaissances qu’on a acquises tout au long des rencontres dans toutes les autres sphères de notre vie, entre autre au travail.  Toutefois, il y a encore à tout moment du brouillard et de grosses vagues mais quand ça arrive, on sort plus rapidement du creux de celles-ci et si la navigation est trop difficile, on sait qu’on peut compter sur des organismes comme le Virage ou l’Éclusier pour nous aider soit à maintenir le cap, soit à retrouver notre chemin ou soit à jeter l’ancre pendant un certain temps pour ne pas dériver et pour prendre le temps de nous ressourcer.    

Sylvie L.

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