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Je dis que nous sommes des randonneurs de la vie. En haut des montagnes, on voit la vie différemment, on voit la planète et tout ce qu’on a surmonté.

 

Quoi dire, comment l’écrire, je laisserai la plume prendre la route.

J‘ai fait un vœu lors du souper de Noël de l’année passée à l’Éclusier : réapparaître sur la terre, et bien m’y voilà. Ce que nous avons en commun ici, est un membre de notre entourage, qui nous est cher, mais dont la façon de percevoir la réalité ou la relation avec les autres est différente. Je viens partager mon histoire.

Quel grand bonheur d’avoir un petit être tout chaud, tout mignon, sa petite tête de nouveau-né qui nous caresse le cou. Il nous fait sentir qu’il a besoin de notre attention et surtout de notre amour. J’ai la chance dans ma vie d’avoir trois petits êtres que mon cœur enveloppe. Les regarder grandir n’est pas toujours facile, surtout lorsque l’ado en eux se manifeste. Pour l’un d’entre eux, je dois vous dire que j’ai eu besoin à plusieurs reprises de l’aide des policiers. Il me faisait vivre la vie de gang de rue (pas très drôle), je ne le reconnaissais plus dans ses comportements. Il se mutilait, s’écrivait des textes et des croix sur le corps, se tenait dans les cimetières et lançait sa bible à la porte de l’église. Il se disait l’ami des âmes délaissés par les autres, il se sentait un élu.


Dans cette effervescence, j’ai côtoyé beaucoup de monde. Un soir, il a démoli sa chambre avec un bâton de baseball. Après l’intervention policière, ceux-ci me suggérèrent le programme CAFE. La travailleuse sociale dut transmettre le dossier à la DPJ car il était trop dangereux pour lui-même et les autres. Un des moments difficiles de ma vie, sur la recommandation de CAFE, a été de devoir  porter plainte pour voie de fait sur ma personne et sur son petit frère. Il est sorti de chez moi menotté (j’en pleure encore). Il a été interdit de contact pour six mois. Il a été placé chez son père. Quelques semaines plus tard, il est entré en psychiatrie pour tentative de suicide, une première hospitalisation suivie de plusieurs autres. La DPJ a demandé une ordonnance de placement en centre jeunesse. Le juge  ordonna un placement en encadrement intensif jusqu’à ses 18 ans. À sa sortie du centre, tout n’était pas réglé. Deux semaines après sa sortie, je suis allée le récupérer dans le grand Montréal dans un parc d’itinérant, je l\'ai ramené chez moi même si il était toujours aussi intense.

Dans ce tourbillon d’aventures, je suis aspirée dans sa toupie, je suis entraînée au fond, je ne suis plus capable d’en sortir, je ne respire plus et c’est à ce moment, je crois, que j’ai disparu de la terre.  L’hôpital du Haut-Richelieu me réfère à l’Éclusier. Je suis à ce moment plus que craquée, je suis démolie. L’ascension pour moi est longue à me sortir de la toupie. J’apprends des façons de faire. J’ai des explications sur son comportement.

Un jour, je reçois un téléphone au travail qui bouleverse le cours de mon existence. Cette journée, elle est des plus dramatiques. Mon garçon a voulu devenir un ange, un élu. Il pense qu’en passant par le feu, il va y arriver. Il s’immole avec de l’essence. Il est transporté aux soins intensifs des Grands Brûlés de Montréal branché sur un respirateur. Il a besoin d’être greffé. Lorsque son petit frère lui rend visite, à la vue des brûlures, l’émotion l’envahit.   Il chavire dans une psychose. Il est lui aussi  hospitalisé en psychiatrie pour un 1er épisode psychotique. Le soir, je berce leur grande sœur de sa peine. Elle a l’impression qu’elle n’aura pas de vie normale.

J’ai replongé ce soir-là dans la toupie et le brouillard m’a envahie. Mais cette fois,  j’ai de l’aide. J’appelle l’Éclusier, on me rencontre dès le lendemain de l’événement. L’écoute a été un baume qui a soulagé mes souffrances, j’ai repris la route beaucoup plus vite. Merci à l’Éclusier, vous êtes toujours là pour nous soutenir dans nos épreuves et nous aider à prendre des décisions. Lorsque le brouillard arrive, je ne trouve plus mon chemin, ça me déstabilise et la peur frappe à ma porte. Avec les outils que vous nous donnez, les conseils, les façons d’agir,  les ateliers etc. on s’en sort beaucoup plus facilement. En suivant vos conseils, je me suis positionnée dans mes demandes. Mes fils sont suivis tous les deux en psychiatrie. Il y a des diagnostics qui se sont précisés. Les équipes multi de la Clinique externe de psychiatrie et vous, l’Éclusier, vous êtes de grands joueurs dans nos vies.

Je fais maintenant de la randonnée. Je prends soin de moi. Je fais l’ascension des montagnes, j’aime ça. En regardant de plus près il y a des similitudes entre notre vie et celle de la randonnée. Si je peux comparer et bien je dirais :

S’habiller de multi-couches  nous protège de la température, c’est comme apprendre selon l’humeur de notre proche que leurs propos ne doivent pas nous atteindre.

Les bottes nous offrent de la solidité, on glisse moins. Comme  on apprend à se positionner et à ne pas argumenter pour ne pas glisser dans des discussions sans fin.

Le sifflet en randonnée nous sert d’alerte, trois coups, je désire de l’aide. De même, il ne faut pas attendre pour faire appel aux différents services d’aide comme les intervenants, la police, etc.

Le sac à dos nous sert à mettre tout ce dont on a  besoin, d’être prêts à tout événement. C’est la  même chose avec notre proche. Au besoin, il faut utiliser nos acquis et parfois revoir nos cahiers d’ateliers.

La lampe frontale est pour voir clair la nuit, c’est plus rassurant. C’est la même chose lorsque le brouillard disparaît, on voit plus clairement, nous sommes plus en mesure d’aider notre proche et nous-même.

L’eau, la source de vie, c’est essentiel en survie, on doit s’arrêter pour boire, se rafraîchir. Comme on doit prendre le temps de se ressourcer, de sortir au resto et au cinéma, ça fait du bien.

La boussole, il est dit qu’elle ne perd jamais le Nord. Comme  ma direction lorsque je m’égare, je  prends le chemin de l’Éclusier qui m\'aide à me retrouver.

Les guides en randonnée, ce sont les experts. Merci à vous la FFAPAMM d’être des experts pour nous.

Le soir les randonneurs se rencontrent pour échanger, j’adore ça. C’est la même chose, j’aime bien les soupers, les sorties- rencontres, je ne me sens plus seule à vivre de cette façon. Je dis que nous sommes des randonneurs de la vie. En haut des montagnes, on voit la vie différemment, on voit la planète et tout ce qu’on a surmonté. \"Les Adirondacks m’impressionnent\" 

Danielle Cyr

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